CM pe Google+

Connexion

Primeste ultimile noutati

Introduceti adresa email:

Delivré par FeedBurner

Ultimile comentarii

Evaluare utilizator: 0 / 5

Steluță inactivăSteluță inactivăSteluță inactivăSteluță inactivăSteluță inactivă

Courrier InternationalÉLECTIONS MOLDAVES • Chisinau joue sa dernière carte

Les élections législatives du 29 juillet, qui font suite à l'incapacité du Parlement à choisir un nouveau président, devraient entériner l'affaiblissement du Parti communiste, que les sondages créditent d'environ 30 % des intentions de vote au lieu des 50 % habituels. Un niveau malgré tout suffisant pour conserver le contrôle du pays.

Les observateurs s'attendent à ce que ces nouvelles élections législatives fragilisent le système politique de la République moldave. Signe d’un futur politique chaotique, les forces démocratiques auront fort à faire pour ne pas succomber à la tentation des alliances et des désertions. Concrètement, la Moldavie prend la trajectoire classique des Etats bloqués sur le plan politique par une faillite économique et sociale.

Cette situation, très fréquente à la périphérie de l’ex-empire soviétique, explique pourquoi ces élections ne sont finalement pas si importantes. La réalité de fond de l’Etat moldave n’est désormais plus liée aux actions de son corps politique élu. La Moldavie est d’abord un pays économiquement sous–développé, souffrant d’un dépeuplement qui a laissé derrière lui un prolétariat rural moribond.

Confrontées à la même situation, d’autres ex-républiques soviétiques ont quant à elles trouvé des échappatoires : la récupération du passé national (telles les républiques baltes), le poker énergétique (les Etats de l’Asie centrale riches en ressources naturelles) ou l’option pro-occidentale offerte par les intérêts stratégiques américains (Géorgie et Ukraine). La Moldavie a refusé d'encourager la redécouverte de sa culture historique car cela aurait signifié l'alliance avec la Roumanie et la disparition du monopole communiste. Ses ressources naturelles sont presque nulles et l'alliance stratégique avec l’Occident est compromis par la présence militaire russe en Trandniestrie. La Moldavie est donc un pays hermétiquement fermé.

Cet état de fait dicte la suite des événements. A chaque cycle électoral, la crise interne de la société moldave s'aggrave, et le moment où le système politique ne dirigera plus qu'un Etat fantôme n’est pas loin. Le calcul des communistes sera une fois encore de vouloir se placer sous la tutelle russe, mais la chute du prix du pétrole ainsi que le futur réseau d'approvisionnement en gaz de l'Europe, qui ne passe pas par la Russie, devraient les alerter.

La Roumanie et l’Europe peuvent constituer des solutions viables. Evidemment, les communistes moldaves ont appris à croire que l’Union européenne (UE) est un pouvoir qui peut être ignoré, exploité ou mené en bateau. La délégation d'observateurs européens ne se trouve pourtant pas dans le pays pour faire du tourisme, et ses remarques se traduiront à Bruxelles par des documents décisifs sur la position de l'Union vis-à-vis de son voisin moldave. Le changement d’attitude est important, car la Moldavie devrait s'alarmer de la terminologie de l'UE, qui lui accorde de plus en plus clairement le statut d’Etat avec des chances "d’association" plutôt que "d’admission".

Les chances de récupération de l’espace moldave sont maigres mais elles existent. Les élections ne vont pas faire basculer la situation ; cependant, si elles évitaient un raz-de-marée communiste, subsisterait l’espoir.

SURSA Courrier International

Share

Comentariile au fost inchise pentru acest articol