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Ne cherchez pas la Gagaouzie dans le Petit Robert, vous ne l'y trouverez pas. Pourtant, elle existe bel et bien, doux pays vallonné planté de vignes et d'abricotiers. Un État lilliputien de 1 800 km² peuplé de 155 000 habitants, dans le sud de la Moldavie. Les mauvaises langues prétendent que la Gagaouzie est une réserve sovié tique et que l'on y trouve encore des kolkhozes. À Comrat, la «capitale», une statue géante de Lénine trône toujours devant le palais du Parlement (25 députés), et la ville est réputée voter régulièrement pour les partis pro russes.

Investisseurs turcs

 

À Comrat, il serait sacrilège de critiquer la Russie. Le long de la rue Galatan (du nom d'un nationaliste gagaouze), face à l'église Saint-Ivan aux coupoles argentées, une série de stèles évoque la mémoire des révolutionnaires locaux. Pour la plupart compagnons de lutte du camarade Lénine. Ici, on ne parle que russe. S'adresser à un Gagaouze en moldave (c'est-à-dire en roumain, la Moldavie étant une ancienne province roumaine) relève de l'agression. La Roumanie, l'Otan y sont des sujets aussi tabous que le mariage homosexuel. À la Maison de la culture, devant un auditoire attentif et discipliné, Marian Lupu, candidat du Parti démo crate (opposition), marche sur des œufs.

«On vous compare à Gorbatchev », lui lance une femme. «Il était bien élevé comme vous, mais il a détruit l'Union soviétique». Elle ne semble guère convaincue lorsque Lupu lui répond que «la démocratie, ce n'est pas forcément le chaos». Le tropisme russe des Gagaouzes est tel qu'ils en oublient leurs lointains ascendants, la tribu turque des Oguz, établie dans la région au XIIIe siècle sous la houlette de leur sultan, Kay Kaus.

Christianisés par les Byzantins, ils sont devenus orthodoxes, puis, beaucoup plus tard, ont été russifiés. Mais Valeriu Tudor, vice-bakchan (vice-gouverneur) de la région, préfère faire démarrer leur histoire au XIXe siècle, à l'époque tsariste, c'est-à-dire russe, et souligner que la langue gagaouze n'a plus grand-chose à voir avec le turc, car «si nos frères turcs nous comprennent sans difficulté, la réciproque n'est pas vraie». Pourtant, depuis le début des années 2000, l'antique mère patrie a renoué avec ses rejetons égarés. Elle a financé l'université flambant neuve, distribue des bourses à ses étudiants, construit un aqueduc car cette région très pauvre souffre d'une pénurie d'eau chro nique.

Des investisseurs turcs ont créé des entreprises de filature et de tissage, et, à l'entrée de Comrat, un panneau souhaite la bienvenue en russe et en turc. Le long de l'avenue Lénine, bordée de marronniers, la ville a pris quelques couleurs occidentales, deux, trois boutiques, dont celle d'Orange. Un peu plus loin, le petit hôtel Astoria s'apprête à accueillir, le 18 août prochain, le congrès mondial des Gagaouzes. L'événement est déjà largement commenté dans les médias locaux, une chaîne de télévision et quatre journaux poids plume.

 

Droit à la sécession

 

En août 1990, alors que l'empire soviétique vacillait, les Gagaouzes, manipulés par les Russes, quittèrent le giron mol dave et s'autoproclamèrent «République socialiste sovié tique gagaouze». Quatre ans plus tard, à l'issue de négociations avec la Moldavie, une solution à l'amiable fut trouvée. La Gagaouzie devint région autonome, avec un certain nombre de droits, dont celui de faire sécession si le «statut international» de la Moldavie (sous-entendu son appartenance à la sphère d'influence russe) était modifié.

«Nous pourrions servir de modèle à la Transnistrie», s'enorgueillit Valeriu Tudor.

À quelques encablures de Comrat, la micro-République de Transnistrie est l'autre entité séparatiste qui menace la souveraineté moldave. Bastion russe elle aussi, mais beaucoup plus agressif, avec un dictateur mafieux pur et dur, Igor Smirnov, et un millier de soldats russes que Moscou présente comme une force de maintien de la paix depuis le bref mais sanglant conflit qui opposa la Moldavie et la Transnistrie au début des années 1990. Néanmoins, reconnaît le vice-bakchan, «Gagaouzes et Transnistriens entretiennent de bonnes relations personnelles».

Dans cette vaste zone grise qui balance entre l'Est et l'Ouest (la Moldavie, l'Ukraine, la Géorgie), le séparatisme, comme le gaz, reste l'arme privilégiée d'une Russie nostalgique d'un passé impérial. À Chisinau, la capitale moldave, nul n'est dupe : si la Moldavie basculait dans le camp occidental, les vieux démons séparatistes des Gagaouzes pourraient bien être réactivés.

SURSA: Le FIGARO

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