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Voteaza!Corinne Deloy

Le 2 février dernier, le Parlement moldave annonçait que les prochaines élections législatives se dérouleraient le 5 avril 2009. Ce scrutin revêt, enMoldavie, une double importance puisque la Constitution du pays stipuleque le Chef de l'Etat est élu par les membres du Parlement dans les 45jours qui suivent les élections législatives. Pour être élu, lePrésident doit recueillir la majorité des 2/3 des suffrages des 101membres de l'Assemblée, soit 61 voix au moins. La grande question de cescrutin est de savoir si le Parti communiste (PRCM) pourra conserverles 3 postes clés de la vie politique moldave, à savoir celui dePremier ministre, de Chef de l'Etat et de président du Parlement.
Une polémique s'est fait jour à propos des Moldaves vivant àl'étranger, soit près de 30% de la population du pays. En effet,ceux-ci ne peuvent accomplir leur devoir civique que dans les seulspays où la Moldavie possède une représentation diplomatique. C'estainsi que les 100 000 Moldaves vivant en Espagne ne peuvent voter dansla péninsule ibérique et doivent, s'ils souhaitent élire leursreprésentants parlementaires, se rendre à Rome ou à Paris pour cefaire. Le Parti libéral-démocrate (PLDM) a, en vain, expressémentdemandé que les conditions de vote des Moldaves de l'étranger soientaméliorées.

Les partis politiques ont jusqu'au 4 mars prochain pour se faireenregistrer auprès de la Commission électorale en vue des électionslégislatives.

Le système politique

Le Parlement moldave est monocaméral et comprend 101 membres, élus auscrutin proportionnel pour 4 ans au sein d'une circonscriptionnationale unique. Le seuil électoral pour être représenté au Parlement,auparavant fixé à 4% des suffrages exprimés, a été relevé en décembre2007 et s'établit désormais à 6%. De même, la constitution de toutealliance préélectorale est interdite et toute personne faisant l'objetde poursuites judiciaires ou possédant une double citoyenneté n'estplus autorisée à se présenter aux élections législatives. Enfin, unminimum de 50% de participation est obligatoire pour valider le scrutinlégislatif.

Le relèvement du seuil électoral s'explique en grande partie par lesrésultats obtenus par le Parti communiste (PCRM) lors des électionslocales en juin 2007. En effet, ce scrutin a vu l'érosion du parti aupouvoir qui a recueilli 34% des suffrages, soit -12 points, et a obtenula majorité absolue dans seulement 2 des 34 districts du pays. Le PCRMavait pourtant fait une campagne musclée (l'opposition avait d'ailleursdénoncé l'intimidation des médias et de ses candidats qui avaient étémenacés de procédures judiciaires) et annoncé quelques mesures socialesà la veille du scrutin, notamment le relèvement des pensions deretraites de 20% au 1er avril 2007. Côté opposition, l'Alliance notreMoldavie (ANM) avait obtenu 155 mairies, le Parti démocrate (PDM) 78,le Parti populaire chrétien-démocrate (PPCD) 62, le Partisocial-démocrate (PSDM) 25.

Si l'on applique le nouveau seuil électoral aux résultats des électionsmunicipales de juin 2007, seules trois partis pourraient êtrereprésentés au Parlement : le Parti communiste, l'Alliance notreMoldavie et le Parti populaire chrétien-démocrate. Le relèvement duseuil électoral a entraîné la fusion du Parti de la social-démocratiede l'ancien Premier ministre (1999-2001) Dumitru Braghis et du Partisocial-démocrate dirigé par Ion Musuc. Réunies sous le nom de Partisocial-démocrate, les deux partis peuvent espérer atteindre 7% dessuffrages.

5 partis politiques sont représentés dans l'actuel Parlement moldave :
- le Parti communiste (PRCM), parti du Président de la RépubliqueVladimir Voronine et du Premier ministre Zinaida Greceanii, compte 56députés, soit la majorité absolue ;
- l'Alliance notre Moldavie (AMN), parti d'opposition dirigé parl'ancien maire de Chisinau, Serafim Urechean, possède 22 sièges ;
- le Parti populaire chrétien-démocrate (PPCD), parti d'opposition de centre-droit dirigé par Jurie Rosca, compte 11 députés ;
- le Parti démocratique (PDM), parti d'opposition de l'ancien président du Parlement Dumitru Diacov, compte 8 élus ;
- le Parti social-libéral (PSL), parti d'opposition dirigé par Oleg Serebrian, possède 4 sièges.

Les enjeux de la campagne électorale

Président de la République depuis 2001, Vladimir Voronine ne peutprétendre à un 3e mandat. L'homme figure pourtant au cœur de lacampagne électorale de son parti. "La Moldavie est un pays de stabilitéet de conciliation civile sur le chemin de l'intégration européenne"répète le Chef de l'Etat qui fait campagne en affichant les résultatsobtenus sous ses deux mandats à la tête de la Moldavie. "En 2001, lesalaire atteignait 400 lei et la pension de retraite s'élevait à 150lei, les deux ont augmenté durant les huit dernières années. De même,plus d'une centaine de gangs criminels ont été arrêtés" déclareVladimir Voronine.
Le PCRM "va développer le développement de notre réseau de distributionde gaz national, apporter l'eau potable à chaque localité et mettre aumoins 1 000 km de routes aux standards européens avant fin 2010" prometle Président sortant. "nous sommes confiants dans nos capacités et dansnos possibilités d'ouvrir une nouvelle page de l'histoire moldave. Nousnous sommes sérieusement préparés à cette étape. Nous avons prouvé noscompétences ; nous ne bénéficiions pas de tels avantages en 2001.L'Europe constitue l'enjeu principal de notre programme préélectoral etde notre travail" indique-t-il.

La Moldavie a signé avec l'Union européenne un accord de partenariat.En 2005, les deux parties avaient déjà conclu un plan d'action quidevait en 3 ans mettre la Moldavie sur la voie de l'UE. Un nouvelaccord de coopération devrait voir le jour lorsque "le pays sera prêt àsoutenir les effets d'une libéralisation complète de ses échanges avecl'Union européenne". "Bruxelles et Chisinau pourraient signer un nouvelaccord après les élections législatives" a déclaré le 16 octobre 2008Wolfgang Berendt, chef du département politique et économique de ladélégation de la Commission européenne. Le rythme et la qualité desréformes mises en œuvre dans le pays détermineront la nature et lerythme de son rapprochement avec l'Union européenne. A court terme, laMoldavie espère que l'obligation de visa sera supprimée pour lesMoldaves qui veulent se rendre dans l'un des pays des Vingt-sept (unaccord de facilitation des procédures de délivrance des visas existedepuis 2007).
"2009 sera une année importante pour la Moldavie sur le chemin del'Europe. Nous sommes sur le point d'ouvrir de nouvelles négociationsavec l'Union européenne qui définiront de nouvelles perspectives pourla Moldavie" a souligné le Président Voronine. "Nous avions annoncénotre stratégie d'intégration européenne et nous avons réformé notresystème de santé et notre système éducatif, réalisé l'amnistie fiscaleet aboli la taxe sur les profits. Les dernières mesures - la mise enœuvre de la légalisation de notre cadre légal selon les critèreseuropéens - sont de nature systémique" a-t-il précisé.
L'intégration de la Moldavie à l'Union européenne fait consensus dansla classe politique moldave, à l'exception de la formation Rodina (LaPatrie) dirigé par Boris Muravschvili qui souhaiterait voir le pays setourner vers la Russie. Quelle que soit sa composition, le Parlementqui sortira des élections législatives du 5 avril prochain avancera surle chemin d'un rapprochement avec Bruxelles.

La Moldavie a connu une forte croissance de son PIB en 2008 (7,3%) maisla crise économique pourrait faire chuter celui-ci à 2% en 2009.L'inflation, qui atteignait 17,1% en mai dernier, a baissé pours'établir à 8,5% en novembre 2008. La Moldavie reste un pays pauvre(29% de la population vit sous le seuil de pauvreté) que les actifsquittent en masse (officiellement, le pays compte 343 000 migrants sur3,4 millions d'habitants mais la réalité serait plus proche de 500 000émigrés). Le pays a perdu 1 million d'habitants entre 1991, année del'indépendance du pays, et 2004, date du dernier recensement. Lesremittances (transferts de fonds) envoyés par les émigrés représententplus d'un tiers du PIB moldave. Pays agricole (30% de la populationtravaille dans ce secteur), la Moldavie est très dépendante de laRussie pour ses fournitures en énergie, et notamment en gaz, comme pourses exportations agricoles.
A un mois des élections législatives, les spéculations vont bon trainsur l'avenir du Chef de l'Etat sortant. "Vladimir Voronine est un hommeambitieux et mon sentiment est qu'il deviendra président du Parlement"déclare Igor Botan, membre du think tank Adept. Le Président sortant aindiqué qu'il "resterait au cœur de la vie politique". Marian Lupu,actuel président du Parlement, est considéré comme le favori pour lasuccession de Vladimir Voronine.

L'opposition moldave est diverse. 3 partis, l'Alliance notre Moldavie,le Parti libéral-démocrate (PLDM) et le Parti libéral (PL), ont d'oreset déjà annoncé qu'ils ne collaboreraient pas avec le PCRM. Le leaderde l'Alliance notre Moldavie, Serafim Urechean, a appelé les électeursà se mobiliser pour les élections législatives, qualifiant le pouvoirde Vladimir Voronine de "dictature". "Je dois libérer mes compatriotes,apporter la démocratie à mon pays et construire un système d'Etatresponsable" a-t-il déclaré.
Au début de l'année, le ministre de la Justice a refusé d'enregistrerl'ancien Premier ministre Vasile Tarlev (2001-2008, il a été remplacépar Zinaida Greceanii) comme leader de l'Union centriste au motif quele parti avait fourni une liste incomplète de ses membres et que VasileTarlev avait été désigné une première fois le 23 septembre lors d'unvote public puis une deuxième fois le 13 décembre lors d'un vote àbulletins secrets. Enfin, Chiril Lucinschi, fils de l'ancien Présidentde la République (1996-2001) Petru Lucinschi, sera candidat auxélections législatives sur les listes du Parti démocratique présidé parl'ancien président du Parlement, Dumitru Diacov où il figurera à uneplace éligible.
13 partis politiques et 12 médias ont signé un code d'éthique en vue duscrutin du 5 avril prochain. La leader du Parti national-libéral (PNL),Vitalia Pavlicenco, a refusé d'apposer sa signature au motif que lePCRM et les médias qui, selon elle, sont sous son contrôle avaientratifié le document. Le président du Parti libéral-démocrate, VladFilat, a noté que la chaîne publique Moldavie1TV n'avait pas signé ledocument et n'avait pas jugé bon de le mentionner.

Le conflit transnistrien

La Transnistrie est une région orientale de la Moldavie qui échappe aucontrôle du gouvernement de Chisinau et est sous occupation militairerusse. La région a unilatéralement proclamé son indépendance en 1992 auterme d'un conflit qui a fait plusieurs centaines de morts. En dépitd'un accord international par lequel Moscou s'était engagé à rapatrierses soldats avant le 31 décembre 2002, 2 000 soldats de la 14e arméerusse, transformée en groupe opérationnel des forces russes en 1994,sont toujours stationnés en Transnistrie.
En 1940, la Moldavie, située à l'Est de la Roumanie, a été coupée endeux par l'URSS qui a annexé sa partie orientale située au-delà dufleuve Dniestr. Pour la récupérer, la Roumanie s'est alliée aux Naziset est parvenue en 1941 à bouter les soldats soviétiques hors deMoldavie. Cependant, en 1944, la Moldavie, dont la capitale était alorsTiraspol, a été rattachée, avec un appendice (la Transnistrie)appartenant à l'époque à l'Ukraine, à la République socialistesoviétique de Moldavie, Kichinev (Chisinau) devenant la nouvellecapitale. Les autorités soviétiques ont alors interdit la langueroumaine et favorisé l'implantation d'une population russe etukrainienne aux dépends des Moldaves. Ainsi, jusqu'à la chute du régimecommuniste à la fin des années 1980, la grande majorité desresponsables du Parti communiste et de la République moldaves étaientissus de Transnistrie. Entre 1940 et 1989, aucun Premier secrétaire duParti communiste n'a jamais été originaire de la partie occidentale. LaTransnistrie a connu par ailleurs, durant la 2e moitié du XXe siècle,un développement industriel important alors que la Moldavie est restéeagricole. La région constituait au début des années 1990 le tiers dupotentiel industriel de la Moldavie.

En juin 1990, le Parlement a voté une déclaration de souverainetéinstaurant la primauté de la Constitution moldave sur l'ensemble duterritoire, incluant donc la Transnistrie. L'adoption par le Parlementdu moldave comme langue officielle a provoqué de fortes tensions entreles deux communautés, les habitants de Transnistrie ne parlant que lerusse ou l'ukrainien. En décembre 1991, ces derniers se sont prononcéspar référendum en faveur de l'indépendance de leur territoire. L'annéesuivante, un conflit a éclaté entre les forces armées et la population,soutenue par la 14e armée russe forte à l'époque de 6 000 hommes. Larégion de Transnistrie, dont Tiraspol est devenue la capitale, ademandé son rattachement à la Russie. A l'automne 1992, les présidentsmoldave, Mircea Snegur, et russe, Boris Eltsine, ont signé un accordselon lequel la Russie cessera de soutenir la Transnistrie si laMoldavie accorde à la région un statut politique garantissant sonautonomie. La Moldavie devait également s'engager à ne pas demander sonpropre rattachement à la Roumanie. En mars 1995, les habitants deTransnistrie ont cependant voté à 81% en faveur d'une nouvelleConstitution indépendantiste. Ce même jour, 93,3% de la population (quicompte 40% de Moldaves) se sont prononcés en faveur du maintien destroupes de l'armée russe sur le territoire transnistrien. La régionséparatiste de Transnistrie possède sa Constitution, son hymnenational, son Président (Igor Smirnov réélu le 10 décembre 2006 avec82% des suffrages), son gouvernement, son Parlement, son armée, samonnaie (le rouble transnistrien ou souvoriki) mais aucun pays, pasmême la Russie, ne la reconnaît. Le 17 septembre 2006, 97,7% desTransnistriens ont dit "oui" à l'indépendance par référendum.

Depuis 1992, cinq parties (la Moldavie, la région moldave deTransnistrie, la Russie, l'Ukraine et l'Organisation pour la sécuritéet la coopération en Europe, OSCE) tentent de régler ce conflit vieuxde plus de 15 ans, Bruxelles et Washington ayant rang d'observateurs.Le Parti libéral demande que l'Union européenne et les Etats-Unissoient associés aux négociations.
En 2003, le plan Kozak, du nom de l'expert et diplomate russe qui asupervisé son élaboration, devait apporter une solution rapide auconflit en permettant la formation d'un Etat moldave réunifié et enautorisant les forces militaires russes à stationner en Transnistrie.Ce plan aurait dû être signé à Chisinau par le président moldave et lechef de l'administration de Transnistrie en présence du présidentrusse, Vladimir Poutine, le 25 novembre 2003 si le Président moldaveVladimir Voronine n'avait pas refusé de signer le document au derniermoment, sous prétexte que celui-ci "avait été établi sans consulterl'Union européenne que la Moldavie a l'intention de rejoindre". 6 ansplus tard, la situation est toujours dans l'impasse. Igor Smirnov etVladimir Voronine se sont rencontrés deux fois en 2008. Sans résultat.La prochaine rencontre pourrait avoir lieu avant les électionslégislatives du 5 avril.

Comme lors des précédents scrutins, les habitants de Transnistrie nedevraient pas participer aux élections législatives moldaves. 400 000d'entre eux sont électeurs. En 2005, 10 bureaux de vote avaient étéouverts dans la région. Selon Igor Smirnov, la Commission électoralemoldave n'a pas demandé aux "autorités" l'autorisation d'organiser lesélections législatives dans la région. Environ 125 000 Transnistrienspossèdent la nationalité russe.

Selon la dernière enquête d'opinion réalisée en février dernier, lePCRM arriverait en tête du scrutin le 5 avril prochain et recueillerait22,9% des suffrages, devançant l'Alliance notre Moldavie, quiobtiendrait 19% des voix ; le Parti libéral, 15,7% et le Partilibéral-démocrate, 10,4%. L'Union centriste, le Parti démocratique etle Parti chrétien démocrate-populaire recueilleraient chacun 5% dessuffrages ; le Parti social-démocrate et le Parti national libéral, 4%chacun. Les trois quarts des personnes interrogées (77%) déclarentqu'elles se rendront aux urnes pour les élections législatives.


Source : Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe

 

SURSA: Fondation Robert Schuman - Observatoire des Élections en Europe

 






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