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Face à face, la police et les manifestants moldaves, à Chisinau, le 7 avril.

REUTERS/Gleb Garanich

Face à face, la police et les manifestants moldaves, à Chisinau, le 7 avril.

Une nouvelle manifestation est prévue ce vendredi par les opposants au pouvoir communiste. Des slogans de ce type devraient de nouveau être scandés par les jeunes moldaves, dans les rues de Chisinau. Stella Suhan, étudiante moldave en France qui prépare une thèse sur "la gestion politique de la mémoire du communisme en Moldavie après l'indépendance", revient sur le fossé générationnel qui se creuse dans son pays.

Les manifestants moldaves s'insurgent contre la victoire des communistes aux élections de ce dimanche. Ils dénoncent aussi des fraudes, qu'en est-il?

Certains observateurs auraient vu des chiffres peu cohérents, au fil des dépouillements, comme l'a raconté l'une d'entre eux à la BBC... Mais ils n'ont pas de preuve accablante à avancer.

A vrai dire, dans la victoire des communistes, la seule chose qui n'était pas prévisible, c'est son ampleur [près de 50% des suffrages, ndlr]...

Ce qui les favorise, c'est que la scène politique moldave est très fragmentée: les partis de l'opposition prolifèrent mais ils sont petits, très jeunes et, donc, encore peu crédibles. Et puis les communistes ont mené une campagne électorale qui a porté ses fruits. 

Vous évoquez une campagne rondement menée... Sur quoi le parti communiste moldave a-t-il joué?

Ils ont parié sur le thème de la stabilité, un thème qui parle beaucoup aux gens des campagnes, surtout en période de crise économique mondiale.

La plupart des retraités et des ruraux du pays est socialement marginalisée et isolée. Leur seule source d'informations se résume à la radio et la télévision d'Etat. C'est ce segment de la population qui représente la base sociale et la partie la plus active de l'électorat du Parti des Communistes. Ils voient le président Voronine comme un sauveur charismatique...

Un manifestant dénonce les fraudes électorales, à Chisinau, le 7 avril... D'après des opposants, des morts auraient été ajoutés aux listes électorales.

REUTERS/Gleb Garanich

Un manifestant dénonce les fraudes électorales, à Chisinau, le 7 avril... D'après des opposants, des morts auraient été ajoutés aux listes électorales.

Et, en face, qui sont les opposants?

Ce sont plutôt des jeunes mieux informés, qui se sont rassemblés spontanément via les réseaux internet. Un courrier électronique a par exemple été envoyé le mardi pour les inviter à se rassembler pacifiquement: "Si tu n'as pas voté communiste, viens à 18h sur la place Etienne le Grand", symbole national à Chisinau. La veille au soir, ils y avaient déjà déposé des bougies, parce que c'était un jour de deuil pour eux que le parti communiste moldave aient gagné les élections.

Ces jeunes ont envie de changement, ont étudié en Europe ou aux Etats-Unis, y ont un peu travaillé via le programme Work and travel mais aussi parfois en situation irrégulière, ont participé à des associations dans ces pays, etc... D'ailleurs, le vote des Moldaves à l'étranger est très différent des résultats finaux. 45% ont voté pour l'opposition... et seulement 8% pour les communistes!

Ces jeunes sont plus ouverts vers l'Europe espèrent aussi un jour voir leur pays se rapprocher de l'Union européenne. Le parti communiste moldave se dit pro-européen mais il a souvent changé d'avis ces dernières années : les opposants ne croient plus à ses mensonges... 

Leur mouvement rencontre d'ailleurs assez de sympathie dans la population... Mais les gens n'approuvent pas la violence de certains des manifestants.

Faut-il voir dans cette succession d'événements la manifestation d'un fossé générationnel?

Oui. D'ailleurs parmi les slogans, certains jeunes criaient: "Les vieux nous ont volé notre avenir".

A ce fossé générationnel qui se creuse, il faut aussi ajouter la polarisation de la société moldave dans son ensemble. En Moldavie, une grande partie de la population est touchée par la pauvreté. La croissance des inégalités et la forte émigration de la population active ont pour conséquence l'absence d'une classe moyenne qui aurait pu promouvoir et soutenir les réformes démocratiques.

Des manifestants brûlent du mobilier lors d'une violente manifestation à l'extérieur du Parlement moldave, le 7 avril, à Chisinau.

REUTERS/Gleb Garanich

Des manifestants brûlent du mobilier lors d'une violente manifestation à l'extérieur du Parlement moldave, le 7 avril, à Chisinau.

Ces manifestants sont-ils aussi poussés par la Roumanie, comme le soutient le président communiste Voronine?

C'est ce qu'il dit... Cela justifie selon eux la mise à la porte de l'ambassadeur roumain, ou le fait que les Roumains ont désormais besoin de visas pour entrer en Moldavie. Mais le parti des communistes moldaves accuse la Roumanie d'un peu tout, dès qu'ils le peuvent.

La relation de nos deux pays, difficile depuis l'indépendance de la Moldavie en 1991, s'est envenimée avec leur arrivée au pouvoir en 2001, car ils prennent la Roumanie comme un bouc-émissaire. C'est leur stratégie afin de distinguer les deux pays.

Cette rumeur, selon laquelle Bucarest nourrit les manifestations, n'est pas la seule. D'autres circulent, comme celle qui prétend que le gouvernement attise les émeutes afin de pouvoir justifier la réaction des forces de l'ordre. Les spéculations vont bon train dans les deux camps, mais je ne leur accorde pas beaucoup de crédit.

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