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Arielle Thedrel (versiunea in romana aici)
15/04/2009   
Des milliers d'opposants au régime communiste moldave ont défilé hier à Chisinau. Au Parlement, trois formations d'opposition ont dénoncé d'une même voix les violations flagrantes des droits de l'homme.
Des milliers d'opposants au régime communiste moldave ont défilé hier à Chisinau. Au Parlement, trois formations d'opposition ont dénoncé d'une même voix les violations flagrantes des droits de l'homme. Crédits photo : AP

Malgré la répression et le verrouillage de l'information par le pouvoir, 4.000 partisans de l'opposition moldave ont manifesté dimanche dans la petite capitale de Chisinau pour dénoncer la «dictature» des communistes, vainqueurs des élections législatives du 5 avril.

De notre envoyée spéciale à Chisinau

Jamais la Moldavie ne s'est sentie aussi abandonnée. Une semaine après les manifestations qui ont suivi les législatives du 5 avril, l'opposition se refuse cependant à faire le deuil d'une révolution volée. Bravant le climat de peur instauré par le Parti communiste au pouvoir, près de 4 000 personnes se sont de nouveau rassemblées dimanche à Chisinau pour exiger la libération des centaines de jeunes gens arrêtés arbitrairement la semaine passée. Tous les accès à la capitale avaient été verrouillés pour empêcher d'autres protestataires de se joindre au mouvement.

Les trois formations d'opposition entrées au Parlement (le Parti libéral, le Parti libéral-démocrate et l'Alliance Notre Moldavie) ont réussi à opposer un front uni pour dénoncer des violations flagrantes des droits de l'homme. La plupart des personnes arrêtées auraient été jugées et condamnées à huis clos dans les postes de police. Mercredi matin, le cadavre d'un jeune homme de 23 ans, Valeriu Boboc, interpellé la veille, a été retrouvé dans la rue. Le jeune homme, qui a été vraisemblablement battu à mort, a été furtivement enterré dès dimanche. Dans une lettre transmise aux ambassadeurs occidentaux, l'opposition appelle l'Union européenne à dépêcher une commission d'enquête internationale pour faire toute la lumière sur les émeutes qui ont embrasé la capitale moldave et sur la répression qui a suivi.

Depuis une semaine, la campagne de désinformation orchestrée par les communistes bat son plein. Ministre de l'Intérieur à l'époque des soviets, le président Vladimir Voronine a brandi la menace de «mesures appropriées» contre «des fascistes ivres de colère». Et dans le plus pur style stalinien, l'agence officielle Moldpres développe la théorie du complot manigancé par «des forces subversives étrangères qui ont tenté un coup d'État à l'aide d'éléments criminels et de représentants du monde interlope»…

Les médias, contrôlés à 85 % par les communistes, s'emploient chaque jour à discréditer l'opposition en la rendant responsable des actes de vandalisme diffusés en boucle sur les chaînes de télévision. Jeudi, une procédure pénale a été lancée contre ses principaux dirigeants accusés d'atteinte à la sûreté de l'État. L'intox est allée jusqu'à inventer un mort lors des émeutes de mardi. Et tandis que l'attention est focalisée sur de pseudo-hooligans, des enseignants sont menacés de licenciement, des étudiants arrêtés, des journalistes agressés. Le site Web du journal de Chisinau, l'une des rares publications indépendantes, se débat avec la censure. Interpellée pendant deux heures par la police, sa rédactrice en chef a été accusée d'espionnage pour avoir osé écrire qu'avant, pendant et après le scrutin, les dés étaient pipés.

 

« 400.000 morts ont voté »

 

Les observateurs de l'OSCE ont reconnu du bout des lèvres que la campagne électorale avait été émaillée de tentatives d'intimidations de candidats ou d'électeurs et que l'accès à la télévision publique avait été plus qu'inégal. À son insu, le Bureau national des statistiques semble confirmer le bourrage des urnes : en deux ans, le nombre d'électeurs aurait augmenté de 10% alors que le taux de natalité est en chute libre. «Il faut croire que 400.000 morts ont voté», ironise un observateur occidental dont l'un des amis moldaves «a découvert le jour du scrutin que cinq personnes vivaient dans son studio de 28 m²»…

Depuis trois jours, l'opposition tente de vérifier les listes électorales. «Mais dans chaque district, raconte Iurie Leanca, jeune député du Parti libéral-démocrate, les autorités locales s'échinent à dresser des obstacles pour nous en empêcher.»

Et puis, il y a les émeutes de mardi filmées, au grand dam des autorités, par des témoins. Les vidéos qui circulent depuis plusieurs jours sur le Net ne laissent aucun doute. Les casseurs qui ont saccagé la présidence et incendié le Parlement étaient téléguidés par des forces obscures. «Les portes de la présidence et du Parlement se sont ouvertes comme par miracle, assure un témoin, et un peu partout, il était facile de reconnaître des agents des services secrets, crânes rasés et “bodybuildés”.»

Chisinau est un village. Selon l'ancien député Igor Klipi, qui se trouvait lui aussi sur les lieux, «le saccage du Parlement a duré huit heures et la police n'est jamais intervenue». Tandis qu'une partie de l'immeuble brûlait, deux équipes de pompiers contemplaient le spectacle en souriant. Un film amateur montre des policiers en uniforme cassant un claustra en béton et transportant dans des sacs des pavés déposés devant la présidence. Une autre vidéo suit les exploits d'un jeune homme en tee-shirt orange plantant, seul, sur le toit de la présidence des drapeaux européen et roumain devant deux policiers immobiles :

 

 Un observateur européen n'hésite pas à dire que «ce qui s'est joué mardi ressemble à un remake de l'incendie du Reichstag en 1933». Malgré les condamnations convenues des pays occidentaux, la Moldavie, ce petit pays improbable qui rêvait de rejoindre l'Europe, redoute aujourd'hui de s'acheminer vers un régime dictatorial à la biélorusse.

 Source: Le Figaro

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